cinq textes écrits avec les cop1nes

J’ai creusé la voie lactée. La couche spectrale et scintillante, je l’ai dosé.

Je me suis battue pour devenir ce mammifère incarnée, dansante. C’était une lutte et j’ai gagné, après toute la traversée virtuelle et invisible du saut dans le souffle et du souffle dans le flot, et du souffre dans le flux, et de l’électricité dans l’eau, et de la gaine chaude et moelleuse de la peau. J’ai gagné le langage à travers les lumières, trajectoires de lampadaire. Récit limpide comme l’air, le poids des mots dans le poids du corps. Plus on est plus on pèse, plus on pèse plus on pèse lourd, plus on est de folles plus on s’enfonce dans le sol.

Nous sommes trente huit. Trente huit âmes errantes entre les murs d’un château de pierres lisses et grises. Nous sommes là pour le mariage de Pierre et Annabelle. Pierre est une jeune chienne qui n’a pas de propriétaire. Annabelle est timide. Nous sommes trente huit âmes dansantes, on ne touche pas le sol. On s’est retrouvées là ce matin, à 38 degrés celsius moins le quart d’une lune. On fait de notre mieux pour animer le voyage, une journée pour marier une chienne blanche et une plante. Les quelques enfants courent et les rires raisonnent dans les vitres cassées qui donnent sur le jardin-nuit. Annabelle était des leurs mais plante devenue domestique elle casse des assiettes comme toute bonne plante des familles.

Toute sorte de boutons dans ma boîte en fer rouge. Les boutons laids tu vois ceux avec lesquels on a pas envie d’être amie, de partager une balade en bateau ni un gâteau au citron. Les méchants boutons mais les gentils aussi. Ceux qui s’attachent l’un à l’autre. Les boutons reliés pas des bouts de ficelle sur des vêtements froissés. Les premiers je ne les connais pas. Les seconds ils ne me manquent pas. Je suis presque sûre qu’ils ne me reconnaitraient pas si l’on se croisait dans la rue. Maintenant tout est zippé c’est une histoire ancienne. Une histoire qui a duré suffisamment longtemps. Lâche moi dis le zip. Je n’ai pas besoin de toi pour couvrir ma petite. Je suis archivée suffisamment profond dans le cloud, let me be. Il y a ceux que lesquels tu appuies aussi.

Diasporas électroniques pixels lumières sur le bout du visage. Les images qui défilent sans s’arrêter, mes yeux les inventent inventaire cartographié des informations fugaces. Petitx pixels lumières je te perçois et puis déjà tu disparais? Ce qu’on devine avec mes amis, les indices que tu laisses, les traces on les attrape et puis déjà elles naviguent elles retrounent la flotte. Qu’est ce qui persiste? Est ce que ça persistait il y a quatre mille ans? Est ce que ça persiste une image comme toi? dans une année lumière? d’où viens tu petite image pixel? combien d’années lumières as-tu?

Une dose d’oxygène mélangée à de l’hélium j’en prends une fois deux fois et je plonge. Je plonge je plonge plus profond encore. En bas c’est si bon? En bas de moi-même ça n’est pas la cave ça n’est pas le sol caillouteux ça n’est pas le silence. En bas tout en bas de moi une mélodie aux pétales caramel sucreries amuse bouche sincérité du touché, sublime peau de la fleur tachetée, l’immense fleur. Je remonte une gorgée deux bouffées o se gonfle on prend des forces du courage gants de boxe billes en têtes et hop on replonge allez c’est parti; Cette fois je vois la fleur avant qu’elle ne me touche. Je sais à quoi m’attendre, c’est moins drôle. Je m’en vais voir plus loin et les poissons me soufflent un hymne chaud ça chatouille mes oreilles. Au fond de moi les algues gluantes comme des désirs glaces, des crèmes douces amères aigres. Je nage encore un peu je prend le fond comme si il existait. Souffle d’eau tiède et envoutante. Ne veux plus remonter jamais. Suis bien en bas. Suis allongée suis en boule. Un geste est lourd et dur à contrôler. Les basses surtout les fréquences tout à fait basses dans le fond. Fleur immense. Fleur de quelque chose comme 300 mètres de diamètre. N’en finit pas de faire le tour de toi.

Nous sommes humides et humus.

On est jamais seulxes. On est jamais seulxes car on existe tousxtes au même moment. La visio-conférence se coupe après des remerciements succincts, la page est fermée et on est encore ensemble sans l’être, on est toujours dans nos cuisines, dans nos salons, dans nos lits, dans nos écoles, dans nos bureaux, dans nos bains. On est toujours dans nos rues, dans nos rivières, dans nos vêtements, dans nos airs, dans nos forêts. On est en nous-même, l’exogène n’existe plus.

Je dis nos pour entourer. Je dis nos pour ce qui est proche de nous. Pas pour la propriété.

Je dis nous pour plusieurs mois, je dis nous pour définir la multiplicité de consciences qui s’agglomèrent et embrasse l’écorce terrestre.

Terrestre, être terre.

Humides, humus, humain. Je pleure sur toi, je mouille en toi.

Nous ne sommes pas seulxes.

Nous ne sommes pas seulxes quand nos outils décident de prendre d’autres canaux, des canaux de flux directs ou moins directs, des canaux usés par le temps, des canaux oubliés, des canaux actuels… Le dialogue est là dans chaque flux. Quel est le plus vieux flux existant? Par quel flux nous laissons-nous traverser ? Je me demande si nous pourrions aussi clairement communiquer par le vent et par les nuages, comme dans ce rêve que j’avais fait, que par les tubes qui sont sous terre. 

Combien de gestes ont façonnés nos outils? 

Combien de gestes ont façonnés notre langue? 

Combien d’humains ont prononcés les mots?

Combien les mots ont-ils traversés de corps?

Suite aux doigts bleus et fin du rêve

L’Etat nous informe donc, grâce à son avion de chasse qui frôle notre tour, que son serveur télépathique est piraté. L’information que nous avons reçu par le serveur est totalement fausse. Il n’y a aucun risque qu’un objet lourd puisse trouer la pesanteur. L’affirmation selon laquelle nous devrions faire constamment des films de nos vies pour qu’elles existent et qu’ainsi la matière brute se transforme en poids légers est fausse. Nous ne sommes pas manipulé.e.s pour transformer le poids qui risque de déchirer la couche atmosphérique en électricité. Non, c’est faux, nous dit l’Etat. Pas d’inquiétude. Le serveur a été piraté. Vous n’êtes pas utilisé.e.s pour transformer les pierres métalliques lourds en ondes légères. Non, non.

ou quelque chose comme ça

fin de mars

Mars abandonne son travail, elle prend sa retraite.    Mars jette son armure, elle rend les armes. Mars rompt son contrat, elle démissionne.  Mars est en burn-out, elle ne veut plus être une planète.  Mars sort de son orbite, elle part en vacances.  Mars coupe sa ligne téléphonique, elle jette l’éponge.               Mars a besoin d’un bon bain chaud, elle se jette à l’eau. 

Mars sourde, Mars coule, Mars lâche, Mars crache. 

Mars ferme les yeux, et sombre dans le vide de la nuit qui bout, et sombre dans le fond de la baignoire d’ivoire, elle entends son coeur et plus rien au dehors. 

je tourne la page

je me souviens de ce rêve où nous étions dans une tour de verre, tout en haut de la tour toute de verre vêtue. Un avion de chasse passait entre nous et la tour d’à côté. L’avion de chasse était penché, il passait en biais entre les deux tours, c’était serré et rapide. C’était un avion de l’Etat, c’était courant d’en voir comme ça longeant nos murs en verre. Il venait nous informer que le cloud avait été piraté. Le cloud c’était un nuage d’informations que nous recevions constamment par la pensée. Nous les humains n’avions pas à agir pour recevoir les informations que l’Etat souhaitait nous délivrer, le cloud s’imprégnait en nous depuis qu’il y avait la 5G, automatiquement on était au courant de tout à tout moment, de tout ce que l’Etat voulait de nous. Mais là cet avion de chasse venait nous dire qu’attention, le cloud avait été piraté.

Créez un site Web gratuitement avec WordPress.com.
Commencer